Pour moi, la sophrologie c’était un peu comme dans la pub pour les bonbons la vosgienne : Faire le sapin et « sentir la sève qui fait glouglou sous votre écorce ». Et puis j’ai rencontré Rachel et ai compris que ça n’était pas que ça !
 

Rachel Galerme pratique la sophrologie depuis 3 ans, suite à un deuil et après une longue carrière dans le médico-social. Elle utilise la sophrologie pour aider les personnes en deuil à se sentir mieux. Elle les aide à reprendre confiance en eux et à décompresser. Cette reconversion progressive s’est faite suite à un événement tragique, le suicide de son compagnon.

 

C’est ce vécu commun du deuil qui nous a fait nous rencontrer. C’est cette rencontre qui m’a donné envie de vous présenter son activité et l’intérêt que j’y vois pour se ressourcer malgré les épreuves de la vie.

Une Rose Blanche : Rachel, avant de commencer, peux-tu nous raconter ton parcours ? Comment as-tu découvert la sophrologie et pourquoi tu as décidé d’en faire ton activité principale ?

En 2014, mon compagnon se suicide après 14 ans de vie commune. Mon chagrin est indescriptible. Et pourtant je tiens. A cette époque directrice d’un pôle d’hébergement pour des personnes sans-abris, mon travail a du sens.

Les mois passent, je rencontre un nouvel homme. Notre histoire est trop belle pour être vraie ! Alors, la nuit je continue à cogiter et le matin, je suis épuisée. Je prends conscience que je dois me faire aider. Encouragée par mon médecin, je décide de consulter une sophrologue. Grâce à son aide , je réussis à mieux dormir. Son accompagnement m’aide egalement à récupérer mon énergie. Dorénavant, je m’autorise à vivre de belles choses. Je ne me sens plus coupable d’être vivante ! Il me semble ainsi évident que la sophrologie et mon parcours doivent aider d’autres personnes en deuil à retrouver leur joie de vivre.

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En quoi consiste la sophrologie ? Comment la pratiques-tu ?

Plus qu’une simple technique de relaxation, la sophrologie est une approche thérapeutique qui va permettre d’agir sur votre corps, votre mental et vos émotions. Cette méthode va vous permettre d’évacuer vos angoisses en douceur et de développer votre confiance en vous. Face à des changements de vie, vous allez pratiquer des techniques de respiration associées à des mouvements doux, ainsi qu’un relâche musculaire et de la visualisation positive. Ainsi, vous allez mettre des mots sur vos émotions et prendre du recul sur votre situation pour favoriser vos prises de décision et avancer dans votre vie avec plus de sérénité.

Comment la sophrologie peut-elle aider dans le chemin du deuil ? et à quel moment du deuil ?

Nous négligeons souvent l’impact d’un deuil sur le corps et c’est normal parce que le mental est pris par nos ruminations. Tout d’abord, ceci provoque des insomnies, des pertes d’appétits et souvent une fatigue intense. Le deuil n’est ni une maladie, ni un état définitif c’est un chemin de vie. Il faut être honnête, votre vie ne sera plus comme avant mais un apaisement est possible. Ecouter son corps bouleversé en pratiquant des mouvements doux alliés à la respiration vont aider à apaiser son mental. De plus, on est dans un moment où la réalité nous échappe et reprendre contact avec son corps et ses sensations permet de se sentir exister à nouveau et se remettre dans le mouvement de la vie.

Enfin, la sophrologie peut aider à tout moment sur le chemin du deuil, dans les mois qui suivent la perte d’un être cher et/ou plusieurs années après. Elle propose des outils qui permettent rapidement d’être autonome pour pratiquer chez soi.  Elle va permettre d’apaiser sa peine, d’accepter la situation sans oublier le défunt et de s’autoriser à reprendre des projets de vie sans culpabiliser.

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Quelles émotions observes-tu le plus souvent chez les personnes que tu accompagnes dans le deuil ? Quels conseils leur donnes-tu ?

Dans un premier temps, des émotions intenses, souvent contradictoires peuvent surgir. Ces émotions sont souvent imprégnées par le chagrin, la solitude, le manque du défunt, et parfois la colère et la culpabilité. Les personnes peuvent aussi être complètement submergées par un vide intérieur, un manque de motivation ou une grande rigidité.

Enfin, l’important est de savoir respecter son propre rythme et d’être à l’écoute de ses émotions. Il n’y a que l’endeuillé qui peut savoir ce qui est bon pour lui que ce soit pour la reprise du travail, les visites au cimetière, ou encore le moment de faire du tri dans les affaires personnelles du défunt. Chaque deuil est unique donc chaque rythme est différent.

A titre personnel, comment gères-tu les moments difficiles ?

J’accepte de me laisser traverser par mes émotions. Et je m’appuie sur mes rituels qui me servent de piliers, comme la marche tous les matins avant de démarrer ma journée ou écrire à la fin de la journée toutes mes joies. Cela me permet de m’endormir sur une note positive et être fière de moi.

Merci Rachel pour ton éclairage sur la sophrologie et le deuil !

Pour visiter le site de Rachel, c’est ici : https://rachelgalerme.com/. Elle exerce à Metz mais aussi par Skype. Si vous êtes dans cette zone, n’hésitez pas à lui faire signe.

Photo de l’article : Amy Treasure