funerailles-ecologiques

Pourquoi écrire sur les funérailles écologiques ? Je ne suis pas particulièrement une militante écologiste. Je trie mes déchets, je fais attention au gaspillage et  j’essaye de manger moins de viande. Jusqu’à peu, mon engagement s’arrêtait là.

Néanmoins, l’idée que lors d’un enterrement nous bétonnions et enfouissions sous le sol des cercueils en bois vernis, des poignées métalliques, des liquides toxiques m’interroge. La consommation importante d’énergie utilisée pour une crémation m’interroge tout autant. Ne me sentant pas légitime pour écrire sur le sujet, je me suis faite aider pour cet article à mon amie d’enfance, Mathilde.

Elle l’écologie, c’est un sujet qui lui parle puisqu’elle travaille dans une association de protection de l’environnement. Sensible à l’écologie, elle m’a confirmé que les « funérailles vertes » c’était un sujet qui lui parlait. Et en y réfléchissant, elle m’a aussi convaincue de l’intérêt de se poser la question de funérailles écologiques.

On souhaite certainement laisser une trace de nous après notre mort. Une trace dans les esprits, une marque de notre passage sur Terre… mais certainement pas une empreinte néfaste pour l’environnement.

(extrait d’une discussion entre Mathilde et moi)

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Une tendance écologique de fond

C’est une tendance de fond sur notre rapport à la nature et à la planète : nous sommes de plus en plus nombreux à vouloir être davantage respectueux de l’environnement. Alors pourquoi cette volonté s’arrêterait-elle au moment de notre mort ?

J’ai cherché les initiatives et les mouvements qui promeuvent cette idée, non seulement en France mais aussi à l’étranger. C’est parfois un peu technique mais j’ai tenté de rendre le sujet le plus intelligible possible pour vous, mes lecteurs qui vous intéressez à cette question.

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Des alternatives écologiques voient le jour

Des alternatives -encore marginales- sont en train de voir le depuis plusieurs années à l’étranger. Celles-ci sont encore interdites en France où le secteur du funéraire est très réglementé mais pourraient évoluer au cours des prochaines années.

L’humusation

L’humusation consiste à placer le corps entre des végétaux. C’est en quelque sorte mettre le corps en compost entre des couches de bois et de feuilles. La transformation du corps se fait comme dans un compost, sur un terrain sécurisé. Après une année, les proches du défunt peuvent récupérer ce compost pour fertiliser une pousse d’arbre.

Caitlin Doughty, militante américaine a largement diffusé la notoriété de cette pratique, notamment via une conférence TED où elle y explique l’intérêt. Si vous avez un peu de temps, je vous invite à regarder sa vidéo.

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En Belgique, une pétition pour autoriser cette alternative funéraire a récolté 12.000 signatures en 2017. La ville de Mons en particulier s’intéresse de près à cette pratique suite à l’initiative d’une centaine d’habitants. Ceux-ci espèrent devenir la première ville de leur pays à tester cette pratique.

La liquéfaction, résomation, aquamation ou encore « hydrolyse alcaline »

Tous ces mots nouveaux recouvrent un même procédé de décomposition accélérée du corps du défunt par l’eau.

Le corps est plongé dans une cuve remplie d’eau, montée à très haute température et dans laquelle se trouvent des éléments chimiques. Après quelques heures, le corps est détruit et les os restants sont réduits en poudre blanche pour être placés dans une urne, qui est rendue aux proches comme dans le cas d’une crémation.

Le corps ainsi dissout laisserait alors une solution non-polluante, qui agirait comme fertilisant. L’aquamation trouve son caractère écologique dans une utilisation d’énergie jusqu’à 8 fois moins importante que lors d’une crémation.

Cette pratique pour rendre les funérailles écologiques, est légale aux Etats-Unis dans une quinzaine d’Etats et au Canada. Des entreprises de ce secteur, telles que Resomation (Ecosse) souhaitent lancer cette pratique en Grande-Bretagne… et peut-être plus tard en France.

La promession

La promession est une pratique similaire à l’aquamation, qui fait disparaître le corps par le froid. Le corps est placé dans une cuve d’azote liquide extrêmement froid, faisant devenir le corps très friable, qui se décompose en petits morceaux. Les restes du corps sont ensuite placés dans une urne biodégradable qui peut être soit enterrée, soit incinérée.

Cette méthode de funérailles écologiques est encore au stade expérimental mais certains pays étudieraient la question (Australie, Afrique du Sud, Corée du Sud, Allemagne), assure Wiigh-Mäsak, de la société suédoise Promessa.

La Capsula Mundi

Là aussi encore à l’état de projet, la marque italienne Capsula Mundi compte déjà près de 45 000 likes sur sa page Facebook au moment où j’écris cet article.

L’idée est de remplacer le cercueil par une capsule composée de bio-plastique, qui fonctionnerait sur le même principe qu’une graine. Le corps, placé à l’intérieur de la capsule en position fœtale, mis en terre et recouvert par un arbre qui « se nourrit » de la capsule. Les personnes à l’origine de cette initiative espèrent ainsi voir les cimetières être remplacés par des forêts, lieux de repos plus naturels.

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Mais en attendant, comment avoir des funérailles écologiques?

Soucieuses de leur empreinte carbone, de plus en plus de personnes cherchent à limiter leur impact sur l’environnement, en préférant le plus possible des alternatives « vertes » aux funérailles traditionnelles.

 

Des cercueils écologiques

En moyenne, 1 chêne de 80 ans permet de faire 5 cercueils. La solution de cercueils en carton permettrait d’apporter une contribution à la lutte contre la déforestation. Plusieurs sociétés confectionnent ainsi depuis quelques années en France des cercueils en carton. Par carton, il faut comprendre cellulose, fibres de papier recyclé ou encore particules de bois. Le rendu n’est pas si grossier et bas de gamme que le mot « carton » pourrait le laisser penser.

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Faits en fibre naturelle, ils seraient aussi résistants et plus économiques que les modèles en bois.

Eviter la thanatopraxie ?

La thanatopraxie est une technique permettant de préserver les corps de défunts humains de la décomposition naturelle.

L’objectif de cette pratique est double :

  • Aspect sanitaire : Assurer la destruction d’un maximum d’infections et micro-organismes pathologiques contenus dans le corps des défunts
  • Aspect psychologique : Pouvoir présenter le défunt avec l’apparence de la vie pour le jour des funérailles, et le voir avec un beau visage au moment au funérarium et jusqu’au moment de l’au revoir. La thanatopraxie reste recommandée pour mieux vivre le deuil.

Mais d’un point de vue écologique pur, pour conserver un impact faible, la thanatopraxie n’est pas recommandée. Les produits utilisés pour les soins de conservation (solvants organiques volatils, biocides, fongicides, bactéricides, virucides et autres substances utilisées comme déshydratants et raffermissant des chairs) génèrent un déversement de substances toxiques dans l’environnement.

Des sépultures végétales plutôt qu’en marbre ?

La tombe choisie peut utiliser des matériaux écologiques et durables. De même, on peut planter des arbres ou des fleurs à cet endroit pour refléter le goût du défunt pour le monde végétal. C’est ce que propose notamment l’entreprise  infini flore en concevant des sépultures paysagères.

 

La crémation plus écologique que l’inhumation ?

En termes d’empreinte écologique, le choix de la crémation serait plus écologique que l’inhumation.

Selon une étude, le bilan carbone de la crémation serait meilleur que celui de l’inhumation. Les crématoriums sont conçus pour filtrer les rejets toxiques générés par la crémation.

  • D’une part, la crémation rejette plus de CO2 dans l’atmosphère (~160 kg contre 39 kg pour l’inhumation).
  • D’autre part, les cimetières ont un impact sur l’environnement à cause des stèles en granite, de l’utilisation de pesticides et d’eau pour l’entretien du terrain, etc.

 

Pour aller plus loin : Laetitia Royant, coauteur du livre Funérailles écologiques – Pour des obsèques respectueuses de l’homme et de la planète.

Pour un rendu optimal, les livres Une Rose Blanche ayant pour objet d’être gardés par la famille dans la durée, ils ne sont pas encore disponibles en papier recyclés. Si cette option vous intéresse, merci de me le faire savoir en utilisant en répondant directement à ce sondage.

Photo de l’article : Steven Kamenar