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Lorsqu’une personne décède, elle ne disparaît pas. C’est le message que j’ai reçu en mars 2017 lors de la cérémonie d’obsèques d’une amie, qui a changé mon rapport à la vie.

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Alors que je considérais la mort comme l’inexistence, le néant, j’ai reçu le message suivant :

Chaque fois que tu penseras à celle qui t’a quittée, elle revivra. Quand tu raconteras une anecdote sur elle, quand tu appliqueras les conseils qu’elle t’aurait donnés, quand tu te remémoreras les bons moments passés ensemble… chacune de ces fois, elle sera à nouveau présente.

C’est ce message plein d’espoir qui m’a marqué et qui est véhiculé dans les 6 magnifiques textes sélectionnés ci-dessous. À lire seul ou à plusieurs voix, lors de funérailles ou à tout autre moment pour se souvenir d’un défunt.

 

Il restera de toi, texte de Michel Scouarnec

Il restera de toi ce que tu as donné.
Au lieu de le garder dans des coffres rouillés.

Il restera de toi de ton jardin secret,
Une fleur oubliée qui ne s’est pas fanée.
Ce que tu as donné, en d’autres fleurira.
Celui qui perd sa vie, un jour la trouvera.

Il restera de toi ce que tu as offert
Entre les bras ouverts un matin au soleil.

Il restera de toi ce que tu as perdu
Que tu as attendu plus loin que les réveils,
Ce que tu as souffert, en d’autres revivra.
Celui qui perd sa vie, un jour la trouvera.

Il restera de toi une larme tombée,
Un sourire germé sur les yeux de ton cœur.

Il restera de toi ce que tu as semé
Que tu as partagé aux mendiants du bonheur.
Ce que tu as semé, en d’autres germera.
Celui qui perd sa vie, un jour la trouvera.

 

Tu peux pleurer son départ, Auteur anonyme

Tu peux pleurer son départ
Ou tu peux sourire parce qu’elle a vécu
Tu peux fermer les yeux et prier pour qu’elle revienne
Ou ouvrir les yeux et voir qu’elle est partie
Ton cœur peut être vide de ne plus la voir
Ou il peut être rempli de l’amour qu’elle a partagé
Tu peux tourner le dos à demain et vivre le passé
Ou tu peux être heureux pour demain à cause du passé
Tu peux te souvenir d’elle et seulement qu’elle n’est plus
Ou tu peux chérir sa mémoire et la laisser vivre
Tu peux pleurer et te renfermer, être vide et tourner le dos
Ou tu peux faire ce qu’elle aurait voulu, sourire, ouvrir les yeux, aimer et aller de l’avant.

 

La mort n’est rien, Henry Scott Holland

L’amour ne disparaît jamais.
La mort n’est rien.
Je suis seulement passé dans la pièce d’à côté.
Je suis moi, tu es toi :
Ce que nous étions l’un pour l’autre,
Nous le sommes toujours.

Donne-moi le nom que tu m’as toujours donné.
Parle-moi comme tu l’as toujours fait.
N’emploie pas un ton différent.
Ne prends pas un air solennel ou triste.
Continue à rire de ce qui nous faisait rire ensemble.
Prie, souris, pense à moi, prie pour moi.

Que mon nom soit prononcé à la maison
Comme il l’a toujours été,
Sans emphase d’aucune sorte,
Sans trace d’ombre.

La vie signifie tout ce qu’elle a toujours signifié.
Elle est ce qu’elle a toujours été.
Le fil n’est pas coupé.
Pourquoi serais-je hors de ta pensée
Parce que je suis hors de ta vue ?
Je t’attends, je ne suis pas loin,
Juste de l’autre coté du chemin.
Tu vois tout est bien.

 


Conseil : ces textes lus lors de la cérémonie peuvent être reportés dans le livre Une Rose Blanche imprimé en souvenir de votre proche. Voir un exemple en version numérique ici.


 

Ne restez pas, Robert Louis Stevenson

Ne restez pas à pleurer autour de mon cercueil,
Je ne m’y trouve pas.

Je ne dors pas.
Je suis un millier de vents qui soufflent,
Je suis le scintillement du diamant sur la neige,
Je suis la lumière du soleil sur le grain mûr,
Je suis la douce pluie d’automne, je suis l’envol hâtif.
Des oiseaux qui vont commencer leur vol circulaire quand tu t’éveilles dans le calme du matin,
Je suis le prompt essor qui lance vers le ciel où ils tournoient les oiseaux silencieux.
Je suis la douce étoile qui brille, la nuit,
Ne restez pas à vous lamenter devant ma tombe, je n’y suis pas : je ne suis pas mort.

 

J’ai écrit ton nom, Paul Eluard

J’ai écrit ton nom sur le sable,
Mais la vague l’a effacé.
J’ai gravé ton nom sur un arbre,
Mais l’écorce est tombée.
J’ai incrusté ton nom dans le marbre,
Mais la pierre a cassé.
J’ai enfoui ton nom dans mon cœur,
Et le temps l’a gardé.

 


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Les morts, Jean-Paul Sermonte

Les morts ne sont pas morts, les morts vivent encore
Leurs tombes sont vides, n’enfermant que des corps

Certains ont choisi l’ombre, ils errent et ils souffrent
Attendant un appel pour sortir de leurs gouffres.

Les autres que l’amour a libérés d’eux-mêmes
Je les sais près de nous et je sais qu’ils nous aiment.

Ne vous lamentez pas, ne pleurez pas sur eux
Dans la lumière du cosmos ils sont heureux.

Les morts ne sont pas morts, ils sont nés à nouveau
Ils sont dans un jardin et non dans un tombeau

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Dans cet ailleurs si proche, ils nous voient, nous entendent
Ils ne nous oublient pas, je sais qu’ils nous attendent

L’ami attend l’ami, l’amante attend l’amant
Et le fils sa mère, et la mère ses enfants

Ne vous lamentez pas, près du fleuve de vie
Ils oublient l’errance des âmes asservies.

Les morts ne sont pas morts, ils sont près de vous
Je sais des soirs troublants où ils viennent vers nous

Leur vie est un firmament ruisselant d’étoiles
Chaque étoile est une âme évadée de sa toile

Ils ont si soif encore d’un amour infini
Pensez à eux car la vraie tombe c’est l’oubli

Ne vous lamentez pas, les pleurs sont des prières
Mais vos douleurs en font des âmes prisonnières.

Les morts ne sont pas morts, un soir ils me l’ont dit.

 

Célébrer la vie : 6 textes pour lire à un enterrement

« Il faut reprendre le cours de la vie », « La vie continue ». Ces lieux communs sont difficiles à entendre lorsqu’on vient de perdre un être cher.

Le jour de l’enterrement, ces mots viendront probablement de ceux qui voudront vous apporter leur soutien. Ces mots, on se les répétera à soi-même pour se convaincre de sa capacité à reprendre le cours de la vie.

 

Sans aucun doute, celui qui vient de vous quitter vous aimait. Et il souhaiterait que vous soyez heureux, que vous continuiez à vivre et à aimer la vie. Voici une sélection de 6 textes d’enterrement pour vous le rappeler. Ils ont en commun de porter un message d’amour et une invitation à aimer la vie.

Ces textes pourront être lus à l’enterrement et relus plus tard, dans les moments de doute.

 

Quand je partirai, Poème hawaïen

Maintenant que je suis parti, laissez-moi aller
Même s’il me restait encore des choses à voir et à faire.
Ma route ne s’arrête pas ici.
Ne vous attachez pas à moi à travers vos larmes.
Soyez heureux de toutes les années passées ensemble.

Je vous ai donné mon amour,
Et vous pouvez seulement deviner combien de bonheur vous m’avez apporté.
Je vous remercie pour l’amour que vous m’avez témoigné
Mais il est temps maintenant que je poursuite ma route.

Pleurez-moi quelques temps, si pleurer il vous faut.
Et ensuite, laissez votre peine se transformer en joie
Car c’est pour un moment seulement que nous nous séparons
Bénissez donc les souvenirs qui sont dans votre cœur.

Je ne serai pas très loin, car la vie se poursuit
Si vous avez besoin de moi, appelez-moi, je viendrai
Même si vous ne pouvez me voir ou me toucher.
Je serai près de vous.
Et si vous écoutez avec votre cœur,
Vous percevrez tout mon amour autour de vous dans sa douceur et sa clarté.

Et puis, quand vous viendrez à votre tour par ici,
Je vous accueillerai avec le sourire
Et je vous dirai : « bienvenue chez nous».

 

A ceux que j’aime, et qui m’aiment, Poème amérindien

Quand je ne serai plus là, lâchez-moi !
Laissez-moi partir
Car j’ai tellement de choses à faire et à voir !
Ne pleurez pas en pensant à moi !

Soyez reconnaissants pour les belles années
Pendant lesquelles je vous ai donné mon amour !
Vous ne pouvez que deviner
Le bonheur que vous m’avez apporté !

Je vous remercie pour l’amour que chacun m’a démontré !
Maintenant, il est temps pour moi de voyager seul.
Pendant un court moment vous pouvez avoir de la peine.
La confiance vous apportera réconfort et consolation.

Nous ne serons séparés que pour quelques temps !
Laissez les souvenirs apaiser votre douleur !
Je ne suis pas loin et et la vie continue !
Si vous en avez besoin, appelez-moi et je viendrai !

Même si vous ne pouvez me voir ou me toucher, je serai là,
Et si vous écoutez votre cœur, vous sentirez clairement
La douceur de l’amour que j’apporterai !

Quand il sera temps pour vous de partir,
Je serai là pour vous accueillir,
Absent de mon corps, présent avec Dieu !

N’allez pas sur ma tombe pour pleurer !
Je ne suis pas là, je ne dors pas !

Je suis les mille vents qui soufflent,
Je suis le scintillement des cristaux de neige,
Je suis la lumière qui traverse les champs de blé,
Je suis la douce pluie d’automne,
Je suis l’éveil des oiseaux dans le calme du matin,
Je suis l’étoile qui brille dans la nuit !

N’allez pas sur ma tombe pour pleurer
Je ne suis pas là, je ne suis pas mort.

 

Tant de belles choses, Françoise Hardy

(Paroles de la chanson du même titre, en écoute plus bas dans l’article)

Même s’il me faut lâcher ta main
Sans pouvoir te dire « à demain »
Rien ne défera jamais nos liens

Même s’il me faut aller plus loin
Couper les ponts, changer de train,
L’amour est plus fort que le chagrin.
L’amour qui fait battre nos cœurs

Va sublimer cette douleur,
Transformer le plomb en or !
Tu as tant de belles choses à vivre encore.
Tu verras au bout du tunnel
Se dessiner un arc-en-ciel
Et refleurir les lilas.

Tu as tant de belles choses devant toi.
Même si je veille d’une autre rive,
Quoi que tu fasses, quoi qu’il t’arrive,
Je serai avec toi comme autrefois.

Même si tu pars à la dérive,
L’état de grâce, les forces vives
Reviendront plus vite que tu ne crois.
Dans l’espace qui lie le ciel et la terre
Se cache le plus grand des mystères
Comme la brume voilant l’aurore.

Il y a tant de belles choses que tu ignores :
La foi qui abat les montagnes,
La source blanche dans ton âme,
Penses-y quand tu t’endors :
L’amour est plus fort que la mort.

Dans le temps qui lie ciel et terre
Se cache le plus beau des mystères.
Penses-y quand tu t’endors :
L’amour est plus fort que la mort.

 

Que mon départ ne soit pas une souffrance, Rabindranath Tagore

Je désirerais et cela très ardemment que mon départ ne soit pas pour ceux que j’aime une désespérance.

Je voudrais que ma famille, mes amis, aujourd’hui rassemblés, pensent à moi comme à quelqu’un qui les a beaucoup et tendrement aimés, et qui les aime encore.

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Je suis tout simplement parti un peu avant eux pour le pays de vie, de lumière, de paix et d’amour ,où je les attends.

Que leur vie terrestre continue tranquillement, paisiblement, jusqu’au jour où, pour eux aussi, la porte s’ouvrira.

Je voudrais qu’ils acceptent ma mort, comme une chose très simple, très naturelle.

 

L’arbre et la graine, Benoit Marchon

Quelqu’un meurt, et c’est comme des pas qui s’arrêtent.
Mais si c’était un départ pour un nouveau voyage ?

Quelqu’un meurt, et c’est comme un arbre qui tombe.
Mais si c’était une graine germant dans une terre nouvelle ?

Quelqu’un meurt, et c’est comme une porte qui claque.
Mais si c’était un passage s’ouvrant sur d’autres paysages ?

Quelqu’un meurt, et c’est comme un silence qui hurle.
Mais s’il nous aidait à entendre la fragile musique de la vie ?

 

Le voilier, William Blake

(texte souvent lu lors des enterrements mais dont l’origine est incertaine)

Je suis debout au bord de la plage

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Le voilier – Texte pour enterrement

Un voilier passe dans la brise du matin et part vers l’océan.
Il est la beauté, il est la vie.
Je le regarde jusqu’à ce qu’il disparaisse à l’horizon.

Quelqu’un à mon côté dit :
« Il est parti ! »
Parti ? Vers où ?
Parti de mon regard. C’est tout…

Son mât est toujours aussi haut,
Sa coque a toujours la force de porter sa charge humaine.
Sa disparition totale de ma vue est en moi,
Pas en lui.

Et juste au moment où quelqu’un près de moi dit : « il est parti ! »
Il en est d’autres qui, le voyant poindre à l’horizon et venir vers eux,
S’exclament avec joie :
« Le voilà ! »…

C’est cela la mort.
Il n’y a pas de morts,
il y a des vivants sur les deux rives.

 

Exprimer sa douleur : 5 textes pour les funérailles

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Malgré les messages d’espoir et d’amitié reçus suite à la perte d’un être cher, l’envie de rester en lien avec l’être disparu, la séparation due à un décès est douloureuse. Alors trouver les mots pour l’exprimer est difficile.

Voici une sélection de 5 textes de funérailles qui parlent du manque, de la difficulté d’accepter la séparation, mais aussi du désespoir ressenti et la profonde douleur que l’on peut vivre lorsqu’on perd un proche.

 

Hier, aujourd’hui, demain, Auteur anonyme

Nous avions ensemble fait tant de choses et voilà que maintenant tu nous quittes.

Nous avons mangé et bu avec toi,
Avec toi nous avons partagé les soucis et les travaux quotidiens,
Avec toi nous avons partagé tant de projets et tant d’espoirs.

Il y a tant de choses que nous aurions voulu faire ensemble.

Mais tout cela semble s’arrêter aujourd’hui et ce n’est plus ensemble que nous allons réaliser ce que tu espérais.

Nous voudrions nous souvenir de toi, continuer de travailler à tout ce que tu attendais, à tout ce que tu espérais.

Comme un mur, la mort nous sépare de toi,
Comme le souffle du vent qui balaie les obstacles.

Notre amitié, notre affection et notre espérance s’en iront te rejoindre là où désormais tu nous attends.

 

Au bord du vide, Paul Eluard

Nous voici aujourd’hui au bord du vide
Puisque nous cherchons partout le visage que nous avons perdu.

Il était notre avenir et nous avons perdu notre avenir,
Il était des nôtres et nous avons perdu cette part de nous-mêmes,
Il nous questionnait et nous avons perdu sa question.

Nous voici seuls, nos lèvres serrées sur nos pourquoi,
Nous sommes venus ici chercher, chercher quelque chose ou quelqu’un,
Chercher cet amour plus fort que la mort.

 

Demain dès l’aube, Victor Hugo

Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m’attends.
J’irai par la forêt, j’irai par la montagne.
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.

Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,
Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.

Je ne regarderai ni l’or du soir qui tombe,
Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,
Et quand j’arriverai, je mettrai sur ta tombe
Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.

 

Adieu, Auteur anonyme

(texte destiné aux personnes croyantes)

Je viens te dire adieu, toi que j’aimais
Je viens te remettre à Dieu, à jamais
Rejoins tous ceux que nous avons aimés
Tous ceux qui nous ont déjà quittés

Tu es parti, nous ne te verrons plus
Ton rire, ton sourire seront souvenirs

Nos cœurs pleurent l’inconsolable douleur
En déposant ces gerbes de fleurs

Désormais tu es parti, adieu
Mes yeux te chercheront dans les cieux
Pour toujours tu seras dans nos cœurs
Aide-nous à ce que la joie demeure

La vie a décidé de ton départ
Et je dois te dire au revoir
Je t’ai aimé et je te remets à Dieu

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Blues funéraire, Wystan Hugh Auden

(traduit de l’anglais, texte lu dans la cérémonie du film « Quatre mariages et un enterrement »)

Arrêtez les pendules, coupez le téléphone
Empêchez le chien d’aboyer avec l’os que je lui donne
Faites taire les pianos et les roulements de tambour
Sortez le cercueil avant la fin du jour
Que les avions qui hurlent au dehors
Dessinent ces trois mots : « il est mort »

Nouez des voiles noirs aux colonnes des édifices
Gantez de noir les mains des agents de police
Il était mon nord, mon sud, mon est, mon ouest
Ma semaine de travail, mon dimanche de sieste
Mon midi, mon minuit, ma parole, ma chanson
Je croyais que l’amour jamais ne finirait : j’avais tort

Que les étoiles se retirent, qu’on les balaye
Démontez la lune et le soleil
Videz l’océan, arrachez les forêts
Car rien de bon ne peut advenir désormais

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Photo de l’article : Ben White