Suite au décès de son mari Iain, Lorna s’est mise à confectionner des objets uniques en sa mémoire. Quelques années plus tard, une association est née de cette initiative et récolte des dons pour le Trinity Hospice, qui accompagne les personnes en fin de vie.

En cette période de Toussaint, j’ai contacté Lorna qui m’a raconté comment, grâce au projet « Elephant in the room », elle a voulu rendre hommage à Iain.

 

L’expression « Elephant in the room »

Au Royaume Uni, une femme, Lorna Cunningham, a eu l’idée de lancer un projet « Elephant in the room ».

Traduction littérale : un éléphant dans la pièce.
Cette expression fait référence à un sujet évident, connu de tous, mais dont on ne parle pas car il est considéré comme tabou, installe de la gêne ou met les gens mal à l’aise.

La disparition d’un être cher peut provoquer un tel effet dans nos relations.

« J’aimerais demander à ma voisine qui vient de perdre son mari comment elle se sent mais j’ai tellement peur d’être maladroite que je cherche d’autres sujets à évoquer pour penser à autre chose. J’imagine qu’elle sait à quoi je pense, elle se doute que je me pose des questions mais impossible d’en parler. Je serais tellement gênée. Et j’ai aussi peur de la mettre mal à l’aise. »

 

L’origine du projet

Suite au décès de son mari d’un cancer il y a quelques années, une amie a recommandé à Lorna de rejoindre un club de couture. A son arrivée, elle a immédiatement été attirée par une peluche en forme d’éléphant et a décidé d’en fabriquer une pour son petit-fils.

Lorna a réalisé que les vêtements de son mari étaient toujours dans leur armoire et que certains d’entre eux pourraient constituer un tissu pratique à travailler, en plus de rappeler des liens personnels à sa famille.

C’est alors qu’elle a décidé de commencer à fabriquer des petits éléphants pour sa famille et ses amis, en utilisant des morceaux de chemises et T-shirts de son mari, qui rappelleraient des moments particuliers.

En créant ces éléphants à partir de tissus connus, elle produirait des objets uniques à chérir pour ceux qui avait connu son mari. Pourquoi des éléphants ? Ce choix est en fait un symbole fort. Comme l’illustre l’expression « une mémoire d’éléphant », ce sont des animaux qui n’oublient jamais. De la même manière, ces peluches représentent ainsi un objet à la mémoire de la personne disparue.

 

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De l’hommage à son mari… à la création d’une association

A partir de ce moment, le principe a fait effet boule de neige. En tant que jeune retraitée, Lorna est devenue bénévole dans l’hôpital où son mari avait été soigné et avait passé ses dernières semaines. Quand les patients et leurs familles ont commencé à entendre l’histoire de Lorna et ce qu’elle faisait, ils lui ont demandé si elle serait d’accord pour leur confectionner des éléphants pour eux aussi.

C’est ainsi que le petit troupeau d’éléphants s’est transformé en plusieurs centaines d’éléphants « à la mémoire de… ». En plus d’aider les familles endeuillées à se rappeler de ceux qu’ils ont perdu, elle s’est petit à petit rendue compte que ce prétexte laissait aussi la place à un autre sujet délicat et dont peu de personnes osent parler, à savoir la fin de vie.

Lorna est désormais convaincue que tout le monde devrait pouvoir avoir un éléphant « à mémoire ». Ils sont un moyen personnel de représenter l’amour partagé, mais surtout d’offrir la possibilité de parler de l’être aimé sans gêne.

Une association a été créée en Angleterre au profit du Trinity Hospice, Blackpool, ville anglaise au Nord de Liverpool. Pour voir l’interview complète de Lorna (disponible en anglais uniquement), cliquer ici.

 

Photo de l’article : Annie Spratt