Perdre son père est un moment difficile, quel que soit son âge. Alors, quand vient le moment de rédiger une oraison funèbre, les mots peuvent manquer.

Que l’on ait eu un papa poule, peu bavard, un papa protecteur et discret ou au contraire extraverti et drôle, la rédaction d’un discours est souvent une étape délicate.

Ce dernier au revoir peut être une véritable épreuve.

En complément de notre article chapeau “comment écrire une oraison funèbre ?”, je souhaite aujourd’hui vous partager quelques conseils et exemples de jolis oraisons qui pourront, je l’espère, vous inspirer. 

1. Quatre trames pour rédiger un éloge funèbre personnalisé

Personnaliser son éloge peut être compliqué lorsque l’émotion prend le dessus. Nous vous avons sélectionné quelques conseils qui pourront vous aider à personnaliser l’éloge à votre père :

  • Le discours chronologique

C’est souvent le plus simple à réaliser pour commencer la rédaction de votre oraison : listez les moments marquants de la vie de votre papa :

  • où est-il né ? qui étaient ses parents ? ses frères et sœurs ?
  • quand a-t-il rencontré votre maman ? quel père était-il ? que faisiez-vous ensemble ?
  • quel était son métier ? quelles étaient ses passions ? comment occupait-il son temps libre ? qu’aimait-il plus que tout ?
  • comment se sont passées les dernières années de sa vie ? que souhaiterait-il que vous gardiez de lui ?

 

  • Le portrait

Ce type d’oraison permettra aux personnes présentes de découvrir ou redécouvrir les traits de personnalité de votre père. Voici quelques questions qui peuvent vous guider dans l’écriture : 

  • Quels traits de caractère qualifiaient le plus votre papa? Une fois 2 ou 3 adjectifs listés, racontez une histoire ou un moment de vie qui illustre le plus ce trait de caractère.
  • Quel est le meilleur moment que vous avez partagé ensemble ? Comment était-il avec vous ? Si vous avez des enfants, quel grand-père était-il ?

Le “portrait” est souvent une manière d’impliquer les personnes présentes : l’évocation de souvenirs précis va stimuler la mémoire de ceux qui vont vous écouter.

Note : Vous pouvez également vous entourer de vos proches et regarder d’anciennes photos, ou d’anciennes lettres rédigées de sa part. Ceci pourra vous aider à vous souvenir des bons moments et à vous soutenir tous ensemble. Ces photos pourront ensuite être rassemblés dans un livre Une Rose Blanche.

  • L’hommage intime

Ecrivez ici avec votre cœur les idées qui vous viennent à l’esprit lorsque vous pensez à votre relation personnelle avec votre papa.

  • Qui était-il pour vous ?
  • Que vous a-t-il appris ? Quelles valeurs vous a-t-il transmises ?
  • Comment vous a-t-il aidé(e) à devenir la personne que vous êtes ?
  • Quels sont les moments que vous garderez toujours en mémoire avec lui ?

L’objectif de cet hommage “intime” ne sera pas de donner une vision de sa vie mais bien de qui il était pour vous. Partager votre expérience et votre point de vue sera ainsi une jolie manière de célébrer votre relation à lui. 

  • Le discours documenté

Si vous n’arrivez pas à mettre des mots sur ce que vous ressentez envers votre père, vous pouvez utiliser des citations qui font écho en vous. Voici des exemples qui pourront vous inspirer : 

  • On dit souvent “un papa c’est le premier héros de son fils, et le premier amour de sa fille” : cela est tout à fait vrai pour moi car… puis vous pouvez illustrer avec des exemples. En quoi était-il votre héros ?
  • “dans une prochaine vie papa, j’aimerais te reprendre comme père”, Bernard Werber
  • “je voudrais que sur la terre tout le monde ait des images comme dans mes rêves bleus, qu’il n’y ait plus d’orages, que papa soit jamais vieux.”, Henri Salvador 
  • « aujourd’hui je me suis réveillé avec une douleur dans mon coeur, je ne savais pas d’où elle venait jusqu’à ce que mon esprit me rappelle que c’était la douleur de ton absence papa”.

 

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2. Quelques exemples d’oraisons funèbres à un papa

Exemple d’éloge funèbre chronologique, d’une fille destinée à son papa :

Papa, tu es né le 19/03/1953 à Toulouse. Après avoir étudié à Paris en école d’ingénieur, tu as rencontré maman en 1972 et tu as fondèrent notre belle famille de 3 enfants, Victor, Léa et moi. 

Ta famille était pour toi la chose la plus importante à tes yeux. 

Passionné de tennis, et titulaire de nombreux trophées depuis ta tendre jeunesse, nous passions nos dimanches à organiser des tournois au sein de la famille.  

Nos échanges de messages, nos après-midi détentes ou encore les bêtises faites dans le dos de maman resteront à jamais gravés dans mon cœur. Tu m’as permis de réussir dans la vie et à toujours fait en sorte de m’inculquer de bonnes valeurs. Grâce à tes conseils, j’ai pu atteindre ce beau métier que je pratique, celui de médecin généraliste. 

Tu as également eu la force de te reconvertir pour devenir apiculteur en fin de carrière, ce qui fut ton passe-temps lors de ta retraite. 

Est ensuite venue l’heure d’être grand-père. Je me souviendrai toujours de ce sentiment de joie qui a égayé ton visage lorsque je t’ai annoncé que j’étais enceinte de Louis. Un grand-père aimant, qui donnait tout pour ses petits-enfants.

Puis, la maladie t’a emporté. Ce combat que tu menais depuis maintenant plusieurs mois, a pris fin en quelques instants, main dans la main avec maman. 

Papa, tu es enfin libéré de toutes tes souffrances. Veille bien sur nous de là haut et protège notre famille qui restera plus que tout unie et nous honorerons ta  mémoire. Nous prendrons soin de maman. Pars en paix. 

Voici un exemple d’oraison funèbre d’une fille destinée à son père. Dans ce texte cette jeune fille évoque symboliquement ce que la mort de son père influence sur sa vie actuelle : 

 “C’était un homme qui « ne s’est jamais arrêté » (même à la retraite). C’était aussi un épicurien, il profitait de la vie. Il était le plus heureux des hommes lorsqu’il partageait un bon repas en famille, avec ses petits-enfants qu’il chérissait et espérait voir grandir… Avec moi, la relation était tendre, douce, complice. La dernière chose qu’on a fait ensemble, c’est l’installation de l’arrosage dans mon potager ! Mais on a parfois eu des désaccords aussi. Il était sensible et ne comprenait pas toujours mes choix. Je me sens toujours très reliée à lui !

Mon père adorait les oiseaux, il passait son temps à les admirer chez moi. Et dès que je parle de lui, étrangement, il y a un petit oiseau qui se pose devant ma fenêtre et qui me regarde (un rouge gorge) ! Il m’a donné la force de faire 7 heures de route, seule, alors que je le savais en fin de vie. Il m’a donné la force de lire son hommage. Étant très doué pour le dessin, je lui ai « demandé de l’aide » pour réussir à illustrer mon premier album pour enfants (grâce à lui, j’ai réussi) ! Il m’a aussi guidée, une semaine après sa mort, pour retrouver sa montre, perdue en pleine nature (à l’endroit où il est tombé).”

Source : Happy End

Voici un exemple d’oraison funèbre “intime” d’un fils directement adressé à son père :

Pour moi c’était mon père, mon papa. Celui qui m’a appris à marcher, faire du vélo et qui a toujours veillé sur moi. Celui qui m’a fourni mon éducation et les armes nécessaires pour affronter la vie. Papa était toujours optimiste, à l’écoute, bavard et bon vivant. Je te remercie papa de m’avoir apporté tant de joie, de m’avoir soutenu et toujours porté vers la meilleure version de moi-même.

Tu m’avais préparé à ton départ, que je ne pensais pas si soudain, mais tu ne m’avais pas prévenu que ce départ serait si douloureux. 

Aujourd’hui, plus rien ne sera pareil, ma vie n’aura plus le même sens. Me réveiller, comme tous les matins et réaliser que tu n’es plus là, que je ne pourrai plus commencer ma journée, assis autour d’une table avec toi à discuter de tout et de rien. Nous n’irons plus non plus, les matins d’été, en mer pour pêcher et passer du temps tous les deux. Cette douleur se réveille face à la réalité. Tu n’es plus là, et je ne sais combien de temps encore il me faudra pour combler ce vide que tu laisses. 

Il y aura toujours une place libre à table le dimanche signifiant le vide que tu laisses et la place que tu tiens dans nos vies et dans nos cœurs. Car physiquement tu n’es plus là mais je te sens autour de moi. 

Adieu papa, repose en paix, on se retrouvera. 

Voici un exemple d’oraison funèbre où l’auteur se concentre sur ce qu’il ressent au moment de la séparation

« Ce soir je regarde les étoiles. Ce soir le ciel est dégagé et quand je regarde ces étoiles… mes yeux se mettent à pleurer. Je suis entourée de milliards d’étoiles mais je ne vois plus la mienne… je les regarde et puis soudain je vois ton image : tes yeux,  ton sourire, ta voix et même ta façon de rire. Aussi la façon dont tu me prenais dans tes bras… Il y a un creux dans mon cœur, dans mon être. Il me manque une partie de moi… Puis, c’est dur d’avancer sans toi ! Pourtant, je vis pour toi, je me bas pour toi. J’espère que là-haut, sur ton petit nuage, tu es fier de moi mais ça ne peut pas être vrai…

Avant que tu partes, toi et moi on se parlait : tu me disais que tout allait bien… mais tu t’es endormi sans jamais te réveiller. Ca me tue de savoir que je n’ai pas pu te dire à quel point je t’aimais, à quel point tu comptais pour moi, c’est trop tôt.

Je suis pas prête à voir cet endroit vide, cette place, cette chaise où tu t’asseyais. Je n’étais pas prête à vivre sans toi, et je ne le suis toujours pas… A vivre sans ton parfum. J’aimerais retourner en arrière pour revivre encore et encore ces moments avec toi. Je me sentais tellement bien… mais ce soir il n’y a que moi, ma peine, ces étoiles… Je t’aime papa, repose en paix »

 

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3. Trois textes à lire lors d’obsèques d’un père

Quelqu’un que j’aime est mort :

Quelqu’un que j’aime est mort. 

Plus jamais je ne l’entendrai rire, crier,

plaisanter, se moquer de moi. 

Il ne m’embrassera plus, 

Il ne me prendra plus dans ses bras. 

A table, sa chaise reste vide

et vide est sa place dans mon cœur.

C’est dur, Seigneur. 

Mais… tu sais ce que c’est.

Quelqu’un que tu aimais a aussi connu la mort. 

Wendy Green 

 

La nuit n’est jamais complète : 

Il y a toujours, puisque je le dis, 

Puisque je l’affirme, 

Au bout du chagrin

Une fenêtre ouverte, une fenêtre éclairée.

Il y a toujours un rêve qui veille, 

Désir à combler, faim à satisfaire, 

Un coeur généreux, 

Une main tendue, une main ouverte, 

Des yeux attentifs, 

Une vie, la vie à se partager. 

Paul Eluard 

4. Comment aller plus loin dans l’hommage à son père ?

Dire au revoir à son papa lors des obsèques n’est pas un moment évident. L’émotion peut vite prendre le dessus et vous empêcher de mettre les mots sur ce que vous ressentez. Voici quelques idées pour aller plus loin :

  • Le jour des obsèques : Demander aux personnes qui vont venir aux obsèques d’apporter chacune une photo du défunt avec quelques mots de sympathie au dos de la photo
  • Au moment de remercier les personnes présentes : Ouvrir une page d’hommage “Une Rose Blanche” pour faire participer tous ceux qui ont connu votre père et célébrer sa vie dans un livre
  • Après les obsèques : Si vous regrettez de ne pas avoir eu le temps d’écrire ce que vous vouliez pour les obsèques, une lettre peut lui être rédigée symboliquement plus tard, lors d’une date anniversaire par exemple.