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Sandrine est coach auprès d’entrepreneurs. J’ai eu l’occasion de la rencontrer lors d’un événement dédié aux startups. C’est à cette occasion que je lui ai « pitché » Une Rose Blanche . L’ambition étant de recueillir dans un beau livre les souvenirs partagés avec un proche disparu -mots et photos.

En lui présentant ce projet, j’ignorais qu’il faisait aussi écho à un événement bien présent dans ses pensées. Quelques années auparavant, elle a du faire face au décès de sa filleule à l’âge de 25 ans.

Quelques mois plus tard, j’ai découvert le magnifique texte que Sandrine venait d’écrire en souvenir de sa filleule. Touchée par ses mots, je vous partage son témoignage.

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Ecrire pour se rappeler de ceux qui nous ont quittés

Mettre en mots ceux qui nous ont quittés, un chemin vers la transcendance de nos souffrances

« D’abord il y eut le vide, effroyable, l’absence absolue, le néant qui engloutit et dont on ne perçoit que l’infini permanence. L’idée que jamais la blessure ne se refermerait, le cœur qui se sert partout et souvent, le ventre qui étreint, comprime… la douleur qui s’installe, perpétuelle, immanente. Et puis vient le souhait d’oublier, de se projeter vers demain, de ne plus penser, de ne plus pleurer sur sa peine, ou alors seulement dans les tréfonds de son âme quand seule avec soi-même on s’autorise à libérer une parcelle de ce chagrin trop lourd.

Mais voilà pour pouvoir poursuivre la route, il ne faut pas dire au revoir, il faut apprendre à dire bonjour.

Cela ne sert à rien de vouloir faire revenir ce qui a été arraché, car sur cela, aucun mortel ne peut rien. Il y avait une vie, il y en a une autre. Je ne t’arracherai pas aux abysses de la mort. Cependant je pourrai toujours te faire nous rejoindre dans la transcendance de ce que tu es devenue.

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Ce n’est pas ton souvenir que je rends vivant, c’est toi qui fait à jamais partie de nos vies. Certes pas comme avant… nous ne pouvons plus ensemble partager tes délicieuses pâtisseries, courir les expos dans Paris, prendre le thé chez Angelina ou déjeuner dans les jolies brasseries de la capitale, mais je peux toujours t’associer à mes lectures et admirer avec toi les œuvres d’art dont je t’avais transmis le goût. Je peux te parler au-delà du miroir avec mon cœur et avec mon âme.

Il y a dans la transcendance, cette opportunité somptueuse de t’offrir la clé pour nous rejoindre tous, pour autant que nous acceptions le risque de faire une partie du chemin. Mais tu ne peux continuer de vivre à nos côtés que tant que nous saurons te donner par nos mots, nos paroles ta place parmi nous. Ne plus parler de toi, c’est te condamner au silence, c’est te fermer la porte, c’est te dénier ta nouvelle place pour te limiter à celle de disparue.

Il y deux ans, ta vie sur terre s’est interrompue…

…mais tu es toujours à nos côtés. Apprenons de nouveau à te remettre dans nos vies. Réapprenons à parler de toi librement et avec joie, de ce que tu as vécu dans cette jeune vie si pleine, de ce qui tu as aimé sur terre, de ce qui te faisait sourire, de ce qui t’agaçait aussi. Sans tabou et surtout sans peur. Je pense que tous ceux qui t’ont aimé et t’aiment toujours ont un besoin immense d’entendre parler de toi.

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Aujourd’hui, nous devrions fêter  tes 27 ans.

Je voulais parler de toi, ma filleule, Marie-Alexandra, et aussi montrer ton travail, cette photo magnifique, c’est la tienne et tu peux en être fière.

Photo : Marie-Alexandra Simon

Le temps n’efface rien mais il peut transfigurer le malheur en transcendant la souffrance.

C’est ce en quoi je crois.

Nos sociétés occidentales ne sont pas à l’aise avec la mort. Elles n’y voient souvent que la finitude et la douleur de la perte. Bien sûr que nous ne pouvons accepter l’arrachement de ceux qui nous sont chers sans être physiquement et psychiquement douloureusement éprouvés.

Il nous faut alors tenter de trouver en nous et hors de nous, le chemin qui nous permettra de faire renaitre ce lien que nous pensions détruit avec la disparition de ceux que nous aimons. »

Sandrine Simon de Bessac Dorval

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Ecrire pour mieux vivre le deuil

Une Rose Blanche a la profonde conviction qu’écrire et « mettre en mots ceux qui nous ont quittés » peut aider dans le vécu du deuil. Trouver ces mots n’est néanmoins pas aisé.

Nous vous aidons donc à écrire et à recueillir des témoignages sur votre proche : les photos de vacances chez tante Jeanne, les meilleures recettes de mamie Geneviève, le repas partagé aux 60 ans de Patrick, les réunions de travail avec Alain, les entraînements de foot avec Jonathan… Ces témoignages peuvent paraître anecdotiques. Mais pour une famille, ils sont précieux. Pour que nous vous aidions à les recueillir et les mettre en mot, commencez un livre en cliquant ici.

Pour lire d’autres témoignages vous pouvez vous rendre ici, accéder directement aux mots de colère de Karen , ou encore aux mots nostalgiques de John.

Photo de l’article : Maranatha Pizarras