A Marie-Léa, Clément, Adrien, Quentin, Pierre-Henry, Mathilde, Héloïse, Guillaume, Mary, Alizée, Emmanuelle, ainsi qu’à mon ancienne collègue Julie si elle me lit…

 

L’an passé, à quelques jours de la fête des mères, donc à peu près à cette période. Un midi comme les autres. A l’heure du déjeuner, avec des collègues, nous avons eu une discussion anodine. Anodine, car à l’approche de la fête des mères, nous parlions d’idées de cadeaux à offrir pour nos mamans.

 

Entre ceux qui misaient sur le traditionnel bouquet de fleurs et les autres qui avaient créé une boucle whatsapp avec leurs frères et sœurs pour réfléchir sur l’idée cadeau la plus originale, Julie, une jeune consultante dynamique a sorti : « Au moins, moi je n’ai pas ce problème. Ma mère est morte. ».

Gros blanc… Malaise… Confusion…

Puis, elle nous a tout de suite rassurés : « C’est bon, ça fait plusieurs années et vous ne pouviez pas savoir. Mais je vous laisse vous débrouiller pour trouver vos cadeaux ». Sa manière à elle de nous faire réaliser à quel point nous étions chanceux d’avoir encore nos mamans ?

 

Je me suis rendue compte, qu’en ce jour particulier de fête des mères, je ne m’étais jamais vraiment souciée de mes cousins et amis qui avaient fait face au décès de leurs mères : Marie-Léa, Clément, Adrien, Quentin, Pierre-Henry, Mathilde, Héloïse, Guillaume, Mary, Alizée, Emmanuelle.

 

En cette fête des mères, comment être là pour un proche qui a perdu sa maman ?

C’est bientôt la fête des mères. Les fleuristes et bijoutiers n’oublient pas de nous le rappeler. La fête des mères, c’est pour moi l’occasion de dire à ma maman que je l’aime. Et cela alors même que la pudeur est reine dans ma famille : on ne prononce jamais ces mots-là.

Pour ceux qui n’ont plus la chance d’avoir une maman en vie, la fête des mères est un rappel douloureux qu’elle n’est plus là.

Quel que soit l’âge, le jour de la fête des mères peut avoir un goût amer pour les personnes endeuillées, que le décès ait eu lieu il y a 1 ou 15 ans.

Hope Edelman, l’auteur de Motherless Daughters (Les filles sans mères), explique que la perte change avec le temps mais qu’elle est toujours présente. « C’est normal de penser à sa mère le jour de la fête des mères, même 20 ou 30 ans après sa disparition. L’absence est permanente et cela ne change pas avec le temps. »

« Je réalise que mes enfants ne connaîtront jamais ma mère, leur grand-mère. J’ai besoin qu’on raconte qui elle était, qu’on rassemble nos photos pour qu’ils sachent qui elle était et à quel point elle a compté pour moi. »

Quand votre proche devient lui-même parent, leur mère va leur manquer de manière différente. A titre personnel, je l’ai notamment remarqué car j’ai eu au cours des derniers mois plusieurs commandes de livres Une Rose Blanche provenant de jeunes adultes qui m’ont dit « Je réalise que mes enfants ne connaîtront jamais ma mère, leur grand-mère. J’ai besoin qu’on raconte qui elle était, qu’on rassemble nos photos pour qu’ils sachent qui elle était et à quel point elle a compté pour moi. »

Comment aider votre ami en deuil de sa mère ?

Pour un enfant, découvrir que la mort existe par le décès d’une mère est brutal. Le choc est double : on découvre que la vie peut s’arrêter du jour au lendemain, et on comprend ce qu’est l’absence. En tant qu’adulte, on sait que la mort est une partie inévitable de la vie. Néanmoins, les personnes endeuillées ont besoin d’aide de leurs amis en ces périodes difficiles. Ne pas avoir à téléphoner à leur mère le jour de la fête des mères est probablement douloureux pour eux. Alors voici quelques conseils pour vos amis endeuillés.

Note : n’étant pas psychologue et n’ayant pas été confrontée à cette épreuve, les conseils donnés ici sont largement issus du site américain OPTION B. Si vous souhaitez accéder aux ressources en anglais, rendez-vous ici.

 

1. Prononcer le nom de leur maman

Les personnes en deuil souhaitent souvent que les autres prononcent le prénom de la personne disparue. Cela leur rappelle que d’autres aussi y pensent encore. Par exemple, recommande le site américain, en disant « Je pense à Barbara en cette fête des mères. Elle me manque ».

2. Partager des souvenirs, en particulier si vous connaissiez la personne 

Chez Une Rose Blanche, nous en sommes convaincus : nos souvenirs sont ce qui nous rapproche de ceux qu’on aime, même après leur mort.

Si vous connaissez votre ami depuis longtemps, peut-être avez-vous connu sa mère. Offrez-lui de vous souvenir d’elle. Par exemple : « Je me souviens de cette discussion que j’ai eu avec ta mère le jour de notre remise des diplômes… ».

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3. Rappelez leur que vous / ou d’autres êtes là

Pour Hope Edelman « Chaque être se construit par une toile de liens aux autres. Ainsi, si votre ami(e) a perdu un parent, un de ses liens les plus précieux est manquant. ». Rappelez leur que les autres liens n’ont pas disparu. Ils ont une base solide de proches et d’amis sur laquelle s’appuyer dans les moments difficiles.

4. Ayez une petite attention

Des gestes simples, un petit mot qui dit juste que vous pensez à eux. Ils se sentiront moins seuls.

5. Évitez de vous plaindre de votre famille

Il nous arrive tous de nous plaindre de nos mères, belles-mères et enfant de temps en temps. Comme j’ai pu le constater l’année dernière avec ma collègue Julie, dont je vous parlais en introduction, ces remarques du quotidien ne sont pas si anodines pour des personnes en deuil de leur maman.

Alors même si vos relations de famille sont parfois complexes, si vos proches sont encore en vie, faites de votre mieux pour que les choses s’améliorent. Votre ami(e) n’a plus cette chance.

 

Enfin, un mot pour vous. Si vous avez la chance d’avoir encore votre maman, profitez-en. La vie est courte. Dites-lui que vous l’aimez pendant qu’elle est là pour l’entendre.

 

Photo de l’article : Priscilla Du Preez