L’histoire de Kisa Gotami, je l’ai découverte dans le magnifique film « Et je choisis de vivre ». Elle y est racontée dès les premières images du film par Amanda, cette maman dévastée par le décès de son enfant. Touchée par cette histoire bouddhiste qui témoigne du sentiment d’universalité du deuil, je vous la partage ici et espère qu’elle vous aidera à méditer vous aussi.

 

L’histoire de Kisa Gotami

Il était une fois une femme, Kisa Gotami, qui n’avait qu’un seul enfant. Elle l’aimait évidemment de tout son cœur. Seulement un jour, malheureusement, alors qu’il commençait à peine à faire ses premiers pas, l’enfant vint à mourir.

Dévastée par cette mort et plongée dans un profond chagrin, Kisa Gotami, se mit désespérément à la recherche d’un remède qui rendrait la vie à son fils. Fille d’un homme très riche, elle alla à la rencontre de tous ceux qui pourraient le ressusciter. Les gens commençaient à penser qu’elle était devenue folle. Un homme sage voyant son état lui dit d’aller voir le Bouddha. Lui saurait quoi faire.

Kisa Gotami alla voir le Bouddha et lui demanda :

« Peux-tu préparer un remède qui rendra la vie à mon enfant ?

– J’en connais l’existence, lui répond le Bouddha mais, pour le préparer, j’ai besoin de certains ingrédients.

Soulagée, la femme dit :

– Quels ingrédients te faut-il ?

– Apporte-moi une poignée de graines de moutarde fait le Bouddha. Chacune de ces graines devra provenir d’un foyer qui n’a jamais connu la mort. »

La femme acquiesce et alla de maison en maison, à la recherche de graines de moutarde.

Dans chaque maison, les gens acceptent de lui remettre cette graine, mais, quand elle leur demande si quelqu’un est mort dans cette maisonnée, elle ne peut trouver aucun foyer que la mort n’ait visité. Ici, une fille, là, un serviteur, là encore, un mari ou un parent est décédé. Elle chercha pendant des mois et des mois entiers.

Alors, Kisa Gotami réalisa qu’elle était incapable de trouver un foyer affranchi de la douleur de la mort. Voyant qu’elle n’était pas seule dans son chagrin, elle commença à accepter que le corps de son enfant reste sans vie.

Elle retourna voir le Bouddha qui lui déclara avec une infinie compassion : « Tu croyais être la seule à avoir perdu un fils. La loi de la mort veut que, parmi toutes les créatures vivantes, il n’y ait nulle permanence. »

La recherche de Kisa Gotami lui a appris que personne n’échappe à la douleur de la perte d’un être cher. Cet éclaircissement n’a nullement atténué sa douleur mais lui a permis d’accepter cette triste réalité de l’existence.

 

Enseignement bouddhiste

Nous sommes impuissants face à la mort qui touche tous les humains. Regarder la mort en face nous invite à savourer chaque instant de la vie et à développer la compassion envers autrui.

 

Cette histoire est extraite de L’Art du Bonheur, du Dalaï-Lama. Je l’ai résumée avec mes propres mots et espère qu’elle vous touchera autant que moi. Pauline

 

Photo de l’article : Guilherme Romano