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Mieux vivre les premières semaines d’un deuil : les 6 conseils de Lindsay

Faire face au décès de ses parents est dans l’ordre logique des choses. Assez tôt, on sait qu’on n’est pas éternel et qu’un jour ou l’autre, nos parents ne seront plus là. Et pourtant, si vous lisez cet article c’est que le décès de votre père ou de votre mère est arrivé trop tôt. Ou de façon soudaine, injuste. Ou tout simplement que vous avez du mal à traverser ce deuil. 

Lindsey Robertson perd sa mère atteinte d’un cancer quand elle a 36 ans. Vous avez découvert son histoire au cours de cet été à travers une série de  Travaillant à New-York et vivant à 100 à l’heure, elle témoigne dans ses articles de la manière dont elle a vécu le décès de sa mère. Au cours de cet été, nous avons décidé de vous partager une série d’articles qu’elle a rédigé pour la célèbre plateforme de blogging, Medium. Vous pourrez les lire en version originale ici.

Deuil d’un parent : quelques conseils pour traverser les premières semaines

Les circonstances qui entourent le décès d’un proche, les traditions de la famille, aussi bien culturelles que religieuses, varient tellement d’un cas à l’autre que nous donnons ici des conseils généraux, dans lesquels nous espérons que vous pourrez puiser.

1. Demandez de l’aide

Quand ma mère est décédée, je me suis centrée sur moi-même et ai pensé à chaque erreur que j’avais pu commettre, que ce soit mon oubli de retranscrire sur sa notice nécrologique les personnes qui lui étaient les plus chères, ou avoir le sentiment de n’avoir pas organisé son enterrement “correctement”. J’ai même commencé à m’infliger un stress supplémentaire, nullement nécessaire quand j’y repense aujourd’hui, venant de ma volonté de tout faire seule.

En général, tout faire seul n’est pas une bonne chose, et s’il existe bien un moment dans notre vie où nous avons besoin du soutien de nos amis ou de notre famille, c’est bien quand nous perdons un parent. Mettez de côté tous vos complexes et prenez toute l’aide qu’on peut vous donner. Ne pensez pas que vous “devez” quelque chose en retour. S’ils veulent vous aider, c’est qu’ils ont envie de vous donner de leur temps. Dites simplement OUI. 

“Je pense que les gens désirent réellement aider, sont ravis d’être sollicités, et ne proposent pas toujours ce qu’ils voudraient donner par peur que ce ne soit pas approprié”

Bennett M, auteur, a perdu sa mère à 35 ans.

2. Appuyez vous sur votre entourage

Je suis sûre d’avoir fait une chose de bien : quelques heures après avoir perdu ma mère, j’ai appelé ma meilleure amie. Elle a pris un avion de Caroline du Nord pour passer quelques jours avec ma famille, a préparé les petits déjeuners chaque matin et a pris soin de nous. Ce fut un cadeau inestimable et ma famille s’en souvient encore aujourd’hui : “Qu’aurions-nous fait sans Amanda?”

On a souvent un ami organisé, celui qui agit, “L’expert de la logistique”, comme dirait Rebecca Soffer, co-fondatrice de Modern Loss. “Acceptez l’aide de cet(te) ami(e) s’il (elle) se propose de vous aider. Ecrivez une liste avec lui (elle) de ce qui reste à faire, ou à déléguer. Envoyez un mail, ou appelez votre entourage si besoin. Demandez-leur ce que chacun peut faire”. 

Ces personnes qui vous viennent en aide peuvent aussi bien être vos ami(e)s ou les ami(e)s de vos parents, ou même un membre de votre famille. Même si vous ne connaissez pas bien cette personne, vous pouvez toujours accepter leur aide. Faites confiance aux personnes qui veulent vous aider. Et n’oubliez pas : s’ils ne voulaient pas vous aider, ils ne se proposeraient pas. 

Si vous êtes perplexe, demandez-vous ce que votre parent aurait voulu.

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Si vous avez de la chance, votre parent vous aura donné des indications sur leurs dernières volontés, que ce soit l’organisation complète de leur enterrement ou leur simple souhait d’être incinéré(e). J’ai posé ces questions à ma mère quelques semaines avant sa mort, et j’ai pris des notes. Elle voulait être incinérée et enterrée dans un cimetière précis. Elle voulait des fleurs roses à son enterrement. Elle voulait qu’une chanson spécifique soit chantée. C’est tout ce que j’ai pu savoir, mais au moins ça nous a donné de précieuses indications sur la marche à suivre. 

Ne culpabilisez pas. Digérez son départ mais ne restez pas bloqué(e) sur ce que vous n’avez pas fait, ou auriez pu mieux faire lors de leurs derniers jours, ou sur votre relation avec lui (elle) pendant leur vie.

Jen, a perdu sa mère à 24 ans. 

Pour ce qui est du reste, nous avons agi en se fiant à sa personnalité. Par exemple, notre mère était une personne discrète, calme. Elle adorait tout ce qui était DIY : la couture, le tricot, la cuisine, la pâtisserie, fabriquer des choses elle-même. Elle adorait la musique, la nature et le camping. Elle s’était convertie au catholicisme assez tard et adorait aller à la messe. Elle avait été infirmière en soins pédiatriques intensifs pendant près de 30 ans. Nous avons donc pris en compte ces éléments du mieux que nous avons pu pour avoir un service dans sa paroisse, suivi d’une réception lors de laquelle les personnes présentes ont fait des donations au service de pédiatrie intensive, un arbre a été planté en son honneur, et le groupe de musique de mon frère a joué dans le jardin de notre maison de famille. 

Si vos parents n’ont pas donné de détails sur leurs souhaits, établir une liste de choses qu’ils aimaient peut vous aider pour essayer de les incorporer dans la manière dont vous choisirez de les commémorer. 

3. N’essayez pas à tout prix de tout faire à la perfection

Je ne suis certainement pas la personne la mieux placée pour vous donner des conseils, sans doute parce que je suis toujours très contrariée d’avoir oublié dans son avis de décès de nommer une personne très importante pour ma mère. (Petit conseil : si vous choisissez d’écrire un avis de décès, demandez à ce que d’autres personnes le relisent !) Toutefois, vous devez accepter que vous ferez des erreurs, que certaines choses n’iront pas comme vous l’auriez souhaité, et vous aurez probablement des regrets dans les années qui suivront sur la manière dont vous aurez géré les choses, mais rien de tout cela ne voudra dire que vous aurez moins aimé vos parents. 

Je suis toujours énervée par le fait que Walgreens ait mal imprimé nos albums de photo pour l’enterrement de sorte que la photo de couverture n’était pas cadrée. Quand je repense à ça, je me dis “Elle méritait mieux que ça”, mais vous devez lâcher prise et accepter. En réalité, je sais qu’elle aurait ri…

Soffer dit la même chose: “Tout ce que vous pouvez faire c’est prendre des décisions avec les informations dont vous disposez à l’instant T. Sachez aussi que tout se passera bien. Prenez des décisions et avancez”. 

Je me souviens de cette image de la marguerite qui éclot dans une marre de boue – de merveilleuses choses naissent de cette perte profonde, et douloureuse

Kate Spencer, auteure de “The dead mums’ club”, a perdu sa mère à 27 ans. 

4. Donnez une chance aux personnes qui ne sont pas de votre famille de faire le deuil avec vous

Le décès de vos parents peut facilement être vu comme quelque chose qui vous affecte VOUS. Ou, du moins, qui affecte votre famille. Et c’est le cas. Vous aviez une place très importante dans la vie de votre mère/père. Mais il est aussi important de se souvenir du rôle, de la place que votre parent occupait dans la vie de leurs ami(e)s, collègues, voisins, et communauté plus largement. 

Dans la plupart des cas, de nombreuses qui ne font pas partie de votre famille seront aussi très affectées. Il est possible que vous ne les connaissiez même pas. Si vous le souhaitez, faites savoir au plus grand nombre de personnes qu’elles sont les bienvenues pour faire le deuil avec vous. Une chose que nous avons faite a été de laisser notre porte d’entrée ouverte, mettre des fleurs qui venaient d’arriver sous notre porche, et laisser un mot disant que nous accueillons des visiteurs les quelques jours qui ont précédé l’enterrement. Quelques personnes sont venues chez nous pour nous apporter de la nourriture et nous ont raconté des histoires et ont pleuré avec nous. Cela ne va pas forcément fonctionner avec tout le monde, mais je sais que ça a été bénéfique pour nous. 

5. Accordez-vous une pause !

Après l’enterrement de ma mère, j’ai pu rester une semaine dans ma ville natale, faire de longues balades dans les bois et faire du canoë dans les rivières avec ma famille. Prendre du temps pour digérer le traumatisme que nous avions eu à surmonter avant de revenir à un rythme quotidien effréné a été une excellente décision. Si ce n’est pas une option pour vous, prendre du temps pour se reposer peut être bénéfique dans les quelques semaines ou mois ayant suivi le décès. (…)

Si vous avez envie de pleurer, pleurez. Si vous avez envie de rire, riez. Si vous avez envie crier ou d’exprimer votre rage à tout l’univers, faites seulement ce qui vous fait du bien. Personne ne vous jugera. Il n’y a pas de bonne ou mauvaise manière de faire son deuil.”

Bex, a perdu sa mère à 30 ans.

Lisez les cartes de condoléances et messages que vous recevez. Ils sont réellement réconfortants. Encore plus réconfortant ? Vous n’être pas du tout obligé(e) de dire merci. Vous pouvez, bien sur, si vous voulez. Mais vous n’avez aucune obligation.

6. Souvenez vous que le deuil peut marquer le début d’une nouvelle étape dans votre vie

Quand je suis “redescendue sur terre” après le décès de ma mère, j’ai été surprise de voir à quel point le monde semblait différent. Nous connaissons tous ce sentiment étrange de voir tout le monde vivre leur quotidien comme si tout était normal, alors que rien ne parait normal, mais j’ai aussi commencé à me rendre compte que j’avais plus d’empathie pour les inconnus. J’ai commencé à imaginer que chaque inconnu que je voyais ou avec qui j’interagissais venait lui aussi de perdre sa mère. Alors que cet état de “sur-empathie” diminuait d’année en année, je peux toujours y revenir. (Et je n’aurais pas non plus peur de pleurer en public.)

Je suis aussi devenue plus consciente du fait que la vie est vraiment courte et ai opéré des changements majeurs en conséquence. Même si cela peut faire très cliché, cela fait partie des choses qui doivent être vraiment prouvées pour vraiment les assimiler. J’aimerais toujours avoir ma mère et j’aimerais que ma mère soit toujours en vie, bien sûr. Mais sa mort a fait de moi une meilleure personne sur de nombreux aspects. Je me sens aussi bien plus à même d’aider et de conforter les autres vivant un deuil. Quelque chose a vraiment fait tilt sur ce point, parce que parmi les nombreuses personnes m’ayant fait signe, un grand nombre d’entre elles avaient perdu un proche. 

Aussi, je  n’ai jamais su ce que j’étais capable de gérer jusqu’à ce que cette tragédie ne se produise. Avant le décès de ma mère, je répétais beaucoup avec amusement que j’étais “une fleur délicate” et “toujours une enfant”. Je fais toujours aujourd’hui des blagues similaires (surtout la première). Mais maintenant, je sais que si quelque chose me tombe dessus, je peux parfaitement y faire face. Et vous aussi le pouvez. Vous pouvez gérer la situation. Après tout, cela va nous arriver, à tous et sans exception. 

Enfin, il existe de nombreuses ressources complémentaires que vous pouvez consulter en ligne comme la checklist “What to do when a loved one dies” (Que faire quand un proche décède) de Consumer Reports ou encore le “Guide parfait pour planifier un enterrement” de VeryWell Health. 

Lindsay Robertson

Cet article est le dernier de la série de témoignages de Lindsay Robertson. Vous pouvez retrouver le précédent ici.

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Photo de l’article : Juliet Furst