Avec le confinement (16 mars -11 mai), les familles en deuil n’ont pu faire des cérémonies d’obsèques que dans la stricte intimité. Pour dire au revoir dignement après le confinement, on cite souvent l’idée de faire une cérémonie de commémoration a posteriori. 

Dans un article du monde du 21 mars 2020, Victor, 25 ans témoignait : “Mon papy, âgé de 87 ans, est décédé ce lundi d’un arrêt cardiaque. Il habitait le Sud, nous vivons dans le Nord et ne pourrons pas aller à son enterrement et soutenir ma grand-mère au moment où elle en a le plus besoin. C’est un déchirement, un dilemme entre la raison et l’amour. Nous avons choisi la raison et nous organiserons quelque chose cet été”.

“Quand cette crise sanitaire sera passée, nous organiserons une messe à l’attention de tous ceux qui n’ont pu participer à la première cérémonie.” témoignait également ce jeune homme dans le journal l’Union.

Les cérémonies de commémoration étant peu répandues, Une Rose Blanche a rassemblé des conseils pour vous aider à en organiser une après le confinement.

Note : à partir du 11 mai, et la fin du confinement, les lieux de culte rouvrent leurs portes. Toutefois, le nombre de personnes pouvant participer à ces cérémonies restera de 20 personnes jusqu’à la levée totale des restrictions liées à la crise sanitaire.

Qu’est-ce qu’une cérémonie de commémoration ?

A la différence d’une cérémonie d’obsèques où l’on se réunit pour dire au revoir au défunt et enterrer ou incinérer sa dépouille, une commémoration est une fête pour rappeler le souvenir d’une personne ou d’un événement. Les cérémonies commémoratives sont l’occasion d’entretenir le souvenir, d’honorer la mémoire d’un proche disparu même si son corps n’est plus là.

Les cérémonies collectives

De nombreux crématoriums organisent des cérémonies commémoratives (aussi appelées cérémonies du souvenir). Ils le font traditionnellement le jour de la Toussaint, et le feront probablement à la fin du confinement.

Les cérémonies de commémoration collectives sont destinées à l’ensemble des familles ayant perdu un proche au cours d’une période donnée. Elles ne sont pas dédiées à une personne en particulier et sont donc peu propices à un au-revoir personnalisé.

Les cérémonies individuelles

Une cérémonie individuelle est organisée spécifiquement à l’image de votre proche. Elle vous permet de rassembler votre famille et tous ceux qui connaissaient le défunt pour lui rendre hommage et se recueillir, chose qui n’a pas été possible de faire lors du confinement.

1. Que fait-on lors d’une cérémonie de commémoration ?

Option 1 : créer une cérémonie de commémoration spécifique

Cette cérémonie d’hommage peut prendre le format que vous souhaitez : 

ceremonie-commemoration-musique
  • Commencer par exemple par accueillir les invités
  • Présenter dans un discours le défunt, en lisant sa biographie
  • Écouter quelques morceaux de musique choisis en son hommage ou faire appel à des musiciens pour embellir cette cérémonie
  • Lire un ou deux jolis poèmes
  • Organiser une activité collective

Activité collective proposée par Une Rose Blanche pour faire participer les personnes présentes

  1. En amont de la cérémonie, demander aux personnes conviées de sélectionner chacun une photo ou une anecdote
  2. Le jour de la cérémonie, tour à tour, chaque personne se lève pour raconter son anecdote, lire son mot, ou faire passer sa photo.

Pour préparer la cérémonie en amont, et si vous souhaitez maîtriser la durée de ce moment, vous pouvez préalablement rassembler ce contenu sur une page Une Rose Blanche. 

Les messages trop longs ou trop intimes pourront être imprimés dans un livre Une Rose Blanche et lus plus tard, au calme et chacun de son côté.

Autres exemples d’activités

Plusieurs spécialistes des cérémonies d’hommage peuvent vous conseiller pour inventer des formats sur-mesure. Nous vous en proposons ici deux en qui nous avons toute confiance :

Option 2 : reprendre la trame d’une cérémonie d’obsèques classique, religieuse ou civile

Vous pouvez choisir de respecter la trame d’une cérémonie d’obsèques civiles pour ce temps de mémoire. Voir un exemple au point 4 de cette page.

2. Où organiser cette cérémonie de commémoration ?

Le choix du lieu sera probablement dépendant du format choisi.

Le lieu de la sépulture

Vous pouvez choisir de vous recueillir au cimetière si le défunt y a été inhumé ou sur le lieu de dispersion des cendres dans le cas d’une crémation.

Vérifiez dans ce cas préalablement avec le cimetière que cela est possible car chaque municipalité à ses propres règles.

Un lieu de culte 

Si les lieux de cultes ouvrent, vous pourrez vous y rendre afin de célébrer religieusement le souvenir du défunt.

Cela présente l’avantage de vous offrir un cadre et d’être guidé par la communauté religieuse. Cette option offre cependant moins de souplesse de personnalisation. Dans une église par exemple, difficile de diffuser un diaporama avec des photos du défunt ou de mettre des musiques non religieuses.

Un autre lieu choisi en hommage au défunt

Un lieu où il sera facile de se réunir : 

  • La salle des fêtes de votre commune : Dans ce cas, vérifiez les disponibilités auprès de la mairie. Tentez peut-être aussi de voir si celle-ci peut exceptionnellement être mise à disposition gratuitement ou à coût modéré. 
  • Un restaurant : ils disposent souvent de salles de réception, inoccupées en dehors des heures des repas. C’est un cadre qui peut être convivial pour se réunir autour d’un bon repas à l’issue de la cérémonie.

Un lieu symbolique ou tout simplement beau

  • Si l’un des membres de la famille dispose d’un jardin, celui-ci peut être un lieu idéal pour réunir les proches
  • Si vous vivez à proximité de la mer : se rassembler sur une plage peut être un endroit idéal car beau et apaisant. Dans ce cas, privilégiez une zone et un horaire peu fréquentés.
  • Si vous vivez à proximité d’un autre lieu que vous affectionnez particulièrement, en montagne ou en forêt par exemple : lier la cérémonie à une marche collective peut être aussi une symbolique de reprendre le chemin de la vie. Attention dans ce cas à anticiper les aspects logistiques si des personnes âgées ou à mobilité réduite y participent.

3. Comment choisir la date pour cette cérémonie de commémoration ?

Sans visibilité sur la date à partir de laquelle il sera autorisé de se réunir en groupe, nous vous recommandons d’identifier une date symbolique plutôt qu’une date “de fin de confinement”. Une date qui compte pour vous et les membres de votre famille.

  • La date de l’anniversaire du défunt : c’est une date qui est souvent teintée d’une émotion particulière. Organiser une cérémonie en ce jour est porteur de sens.
  • La date d’anniversaire de son décès : c’est une date symbolique, qui permet de prendre le temps d’organiser une belle cérémonie si le décès est survenu récemment.
  • Au cours d’un weekend où un maximum de personnes pourront être présentes.

Photos de l’article : Clem Ono