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Lors de la cérémonie d’obsèques mais aussi dans les semaines, mois et années qui suivent le décès d’un être cher, mettre des mots sur la douleur de la séparation est rarement aisé.

Avec le recul, le temps et la méditation permettent d’extérioriser un ressenti dans lequel beaucoup d’entre nous peuvent se reconnaître.

C’est le cas de Marie-Françoise qui a été touchée par ces 2 textes qu’elle relit de temps en temps. Merci d’avoir eu la gentillesse de les partager !

 

Vivre et croire, Père André Marie

Vivre et croire, c’est aussi accepter que la vie contient la mort et que la mort contient la vie.

C’est savoir, au plus profond de soi, qu’en fait, rien ne meurt jamais.

Il n’y a pas de mort, il n’y a que des métamorphoses.

Tu ne nous as pas quittés
Mais tu t’en es allé au pays de la Vie,

Là où les fleurs
Plus jamais ne se fanent,

Là où le temps
Ne sait plus rien de nous.

Ignorant les rides et les soirs,
Là où c’est toujours matin,
Là où c’est toujours serein.

Tu as quitté nos ombres,
Nos souffrances et nos peines.

Tu as pris de l’avance
Au pays de la Vie.

Je fleurirai mon cœur
En souvenir de toi,

Là où tu vis en moi,
Là où je vis pour toi.

Et je vivrai deux fois…

 

Tu peux partir, Auteur anonyme

Tu peux partir… Tu resteras toujours présent dans ma vie avec tout ce que tu m’as donné, enseigné, témoigné…

L’avenir a le pouvoir de nous éloigner physiquement, mais il n’a pas la force de me priver de ce que j’ai reçu de toi.

Peut-être m’obligera-t-il à t’apprivoiser dans une autre présence mais jamais il ne m’interdira de me réjouir de ce que je conserve de nous.

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Rien, non rien ne peut altérer ce que nous avons vécu de beau ensemble.

Les relations sont comme des rêves : elles meurent seulement le jour où on les abandonne.

Tu es parti, mais tu habites ce que je suis devenue…

Et je garde au fond de mon cœur l’espérance de tes bras dans notre ultime rencontre.

 

D’autres poèmes portent ce même message de transcendance. Ils peuvent être lus dans le sens premier pour ceux d’entre vous qui ont la foi chrétienne, ou dans un sens plus métaphorique pour les autres.

 

Le souvenir, Doris Lussier

Un être humain qui s’éteint, ce n’est pas un mortel qui finit.

C’est un immortel qui commence.

C’est pourquoi en allant confier où il dormira doucement à coté des siens,
en attendant que j’aille l’y rejoindre,
je ne lui dis pas adieu, je lui dis à bientôt.

Car la douleur qui me serre le cœur raffermit, à chacun de ses battements,
ma certitude qu’il est impossible d’autant aimer un être et de le perdre pour toujours.

Ceux que nous avons aimés et que nous avons perdus ne sont plus où ils étaient,
mais ils sont toujours et partout où nous sommes.

Cela s’appelle d’un beau mot plein de poésie et de tendresse : le souvenir.

 

Tu es vivant, André Sève

Tu es vivant

Tu ne parles plus mais tu es vivant.

Tu ne bouges plus mais tu es vivant.

Tu ne souris plus mais en arrière de tes yeux tu me regardes.

De très loin ? Peut-être de très près, je ne sais rien de ces distances.

Je ne sais plus rien de toi, mais tu sais maintenant davantage de choses sur moi. Tu es en Dieu.

Je ne sais pas ce que cela peut vouloir dire mais sûrement ce que tu voulais et ce que je veux pour toi.

Je le crois. Toute ma foi, je la rassemble.

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Elle est maintenant mon seul lien avec toi.Jésus, donne-moi de croire à ta victoire sur la mort.

Celui que j’aime veut entrer dans ta joie. S’il n’est pas prêt, je te prie pour lui. Achève sa préparation.

Pardonne-lui comme tu sais pardonner. Aide-moi à vivre sans sa voix, sans ses yeux,

Que je ne le déçoive pas maintenant qu’il va me voir vivre et m’attendre

 

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Ce que c’est que la mort, Victor Hugo

Ne dites pas : mourir ; dites : naître. Croyez.
On voit ce que je vois et ce que vous voyez ;
On est l’homme mauvais que je suis, que vous êtes ;
On se rue aux plaisirs, aux tourbillons, aux fêtes ;

On tâche d’oublier le bas, la fin, l’écueil,
La sombre égalité du mal et du cercueil ;
Quoique le plus petit vaille le plus prospère ;
Car tous les hommes sont les fils du même père ;

Ils sont la même larme et sortent du même oeil.
On vit, usant ses jours à se remplir d’orgueil ;
On marche, on court, on rêve, on souffre, on penche, on tombe,
On monte. Quelle est donc cette aube ? C’est la tombe.

Où suis-je ? Dans la mort. Viens ! Un vent inconnu
Vous jette au seuil des cieux. On tremble ; on se voit nu,
Impur, hideux, noué des mille noeuds funèbres
De ses torts, de ses maux honteux, de ses ténèbres ;

Et soudain on entend quelqu’un dans l’infini
Qui chante, et par quelqu’un on sent qu’on est béni,
Sans voir la main d’où tombe à notre âme méchante
L’amour, et sans savoir quelle est la voix qui chante.

 

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Photo de l’article : Artsy Vibes